Gestion de crise

02 Aug 2026

Impact des mines de lithium sur l'emploi des jeunes ruraux de Kola au Mali

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Chaka Berthe

Ingénieur agronome malien

Pénurie de main-d'œuvre au mali - une épine au pied des entreprises minières chinoises

Le projet d'exploitation du lithium dans la région cotonnière de Bougouni au Mali, où je me rends depuis plus de dix ans comme entrepreneur en agroécologie,  est un renouveau dans le secteur minier  censé réduire le chômage des jeunes et la pauvreté en milieu rural, et qui  a suscité l'engouement  des communautés rurales et beaucoup d'espoir. Toutefois, le projet n'a pas répondu à leur attente  c'est-à-dire  l'engagement des « enfants du terroir » dans les travaux miniers par les entreprises chinoises. L'article attire le lecteur sur ce qui se joue en profondeur.
 
Le Mali s'est positionné parmi les premiers producteurs de lithium du continent avec la mise en valeur de deux mines dans un contexte marqué par la demande mondiale croissante de métaux destinés aux batteries électriques. La mine de  Goulamina exploitée par la société chinoise Ganfeng Lithium depuis décembre 2024 et  celle  de Bougouni plus précisément en commune rurale de Kola, opérée   par l'entreprise britannique Kodals Minerals.
Au plan social, le projet  est une possibilité d'offir un travail aux jeunes ruraux diplômés de la commune de Kola,   les sociétés devant  recruter dans la localité. Cependant, l'absence de travailleurs qualifiés   a rendu le recrutement parfois impossible   frustrant l'espérance des communautés rurales.
 
La pénurie de main-d'œuvre, pourquoi ?
Au Mali, les diplômés étudient pour des emplois qui n'existent presque pas sur le marché. Les systèmes scolaires   forment de façon générale les jeunes pour la fonction publique. Les amphithéâtres sont  remplis  d'étudiants  qui apprennent les mêmes cours.  Pourtant le marché du travail a subi un veritable changement,  les entreprises cherchant des compétences. Quand les jeunes quittent les universités publiques avec leurs diplômes, ils découvrent que le marché de l'emploi a besoin de savoir-faire que de diplôme. Pendant que des pays apprennent l'intelligence artificielle, la cyber  sécurité, le design numérique, l'automisation ; les universités publiques au Mali débattent de  programmes anciens. Beaucoup de diplômés arrivent en entreprise sans expérience,  sans compétence pratique parfois  sans savoir utiliser les outils demandés pour le poste. En outre, les politiques  ont fait  croire parfois que certains métiers valent mieux que d'autres, alors des jeunes d'origine rurale ont abandonné les métiers     techniques, l'agricuture moderne,  l'industrie, la maintenance, les métiers manuels spécialisés. Tout le monde voulant le bureau et très peu voulant entreprendre. Le résultat est que le pays est bourré d'universitaires chômeurs  et des secteurs entiers manquent de travailleurs qualifiés. Le problème n'est pas  seulement le manque d'emplois mais les systèmes scolaires préparent mal aux emplois possibles.
 
Comment les jeunes ruraux diplômés se sont-ils tirés du chômage en commune de Kola ?
L'idée que dans la vie il faut savoir se débrouiller est des plus répandus dans les communautés rurales  adeptes du fatalisme. Chacun s'arrange   pour se tirer d'affaire par ses propres moyens dans l'autogare de Bougouni  au centre ville en bordure de la route nationale sept. L'itinéraire de Bamako à  Abidjan est celui des compagnies   de transport dotées d'autobus  qui desservent la région  de Sikasso  frontalière avec la    Côte d'ivoire. Les compagnies ont employé des jeunes comme agents  mandataires   chargés de prospecter la clientèle et de s'occuper des passagers en transit. L'autogare est aussi le lieu des taxi-moto ou « Télimani » en langue locale Bambara, ces  diplômés chômeurs déguisés en chauffeurs de moto qui  assurent le transport à  l'intérieur de la ville.
 
Pourquoi ne prepare t-on pas les jeunes ruraux pour des emplois miniers ?
Les créations d'emplois actuellement sont si peu nombreuses en milieu rural, mais elles se concentrent dans les villes contre tout intérêt de la population à majorité rurale. Vu que l'industrie minière est en plein essor alors les métiers dans  le secteur minier seraient capables de  mettre le plus grand nombre de personnes au travail. Face au chômage problème politique numero un de notre temps  et  cause de l'exode rural, la solution impose de réfléchir à la formation professionnelle des jeunes sur place  en vue d'apprendre un métier dans les mines. Au lieu d'importer des ouvriers, une formation  collective    par les entreprises chinoises couvrant une courte période  aurait été susceptible d'occuper une centaine de jeunes au bas mot dans la commune rurale de Kola. Il est vrai que la mairie de Kola  devra jouer un grand rôle  dans la coopération avec les entreprises minières pour atteindre ce but.
Le Mali a délivré à Kodal minerals une licence d'exportation de lithium du projet Bougouni ouvrant les premiers envois vers la Chine. Source ApaNews 7 septembre 2025
Les fruits d'une réforme minière agressive. Source Agence EcoFin 14 juin 2026
 
 


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