1. Pourquoi le gouvernement continue-t-il de privilégier des allégements fiscaux pour les grandes entreprises polluantes, malgré les 52 milliards d'euros de pertes fiscales depuis 2017 ?
Parce que la France gère la dépendance industrielle, pas la rupture écologique. Par exemple, TotalEnergies a bénéficié d’avantages fiscaux massifs, tout en annonçant des profits records en pleine crise énergétique (36 milliards $ en 2022). Le gouvernement a aussi maintenu des exonérations de TICPE pour les transporteurs routiers, malgré leur impact carbone. On favorise les gros émetteurs car ils tiennent l’emploi, les infrastructures et l’export. Dans un pays désindustrialisé mais endetté, l’État préfère accompagner les pollueurs en espérant un effet de levier sur la compétitivité – quitte à différer les engagements climatiques.
2. L’alignement atlantiste de la France, suivant les priorités de l’OTAN, freine-t-il la transition écologique au profit d’intérêts industriels polluants ?
Exemple : l’embargo sur le gaz russe a poussé la France et l. Union. Européenne à importer du gaz de schiste américain sous forme de GNL, bien plus émetteur. Engie a signé des contrats de long terme avec les États-Unis, pourtant en contradiction avec ses engagements ESG. Autre exemple : sous pression de l’OTAN, l’Europe a rouvert des centrales à charbon, en Allemagne et en Pologne) pour compenser la coupure énergétique post-Ukraine.L’agenda transatlantique prime : Washington oriente la stratégie énergétique et sécuritaire, au détriment d’une transition autonome et soutenable.
3. La gestion des ressources en Nouvelle-Calédonie par le gouvernement reflète-t-elle un mépris pour les enjeux environnementaux et indigènes ?
C’est une stratégie de contrôle plus qu’un projet de transition. L’État a soutenu la reprise de l’usine Vale NC par le consortium Prony Resources, en lien avec l américain Teslasans véritable sans avoir consultater les nouveaux calédoniens, ni plan clair pour la dépollution des sols. Les manifestations de 2021 contre les exportations massives vers la Chine ont été réprimées sans débat comme en France d ailleurs . Le gouvernement français agit comme une puissance minière cherchant à sécuriser l’accès occidental au nickel, dans un bras de fer avec Pékin Surtout pas comme un arbitre écologique ou décolonial. Le nickel, métal stratégique pour les batteries, devient un levier de souveraineté, pas de justice sociale ou écologique
4. En soutenant des industries d’armement pour l’Ukraine, la France sacrifie-t-elle ses engagements climatiques au profit d’une économie de guerre ?
Clairement. Nexter (producteur du Caesar) et MBDA voient leurs carnets de commandes exploser. L’État a investi massivement dans l’accélération de la production de munitions : 50 000 obus de 155 mm/an visés, contre 20 000 auparavant. En parallèle, les budgets écologiques sont gelés ou redirigés. Exemple : le Fonds Vert, censé soutenir la transition locale, est sous-doté face aux besoins territoriaux, alors que le budget défense dépasse 47 milliards € en 2025 (+40 % depuis 2017). La logique est celle d’une économie de guerre , le climat n est pas vraiment prioritaire . La réindustrialisation française se fait sous pression militaire, pas écologique ni civile ….