01 Jun 2025

Interview de Gérard Lemoigne, correspondant départemental du Parti Animaliste

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Gérard Lemoigne

Français

Interdiction progressive des animaux sauvages dans les cirques itinérants d’ici 2028, ainsi que des spectacles de dauphins et d’orques d’ici 2026.

Quels sont, selon vous, les enjeux prioritaires pour la protection des animaux en France aujourd’hui ?
 
Les enjeux prioritaires sont ceux qui génèrent les plus grandes souffrances (1) ou bien la souffrance sur la plus grande population animale (2)
 
1 : La corrida
La Vénerie souterraine et la grande vénerie ;
La corrida ;
Les chasses traditionnelles.
 
2 : L’élevage intensif sous toutes ses formes
L’abattage en pleine conscience
La chasse
 
Quelle est votre position sur la chasse de loisir ? Pensez-vous qu’elle devrait être totalement interdite ?
 
Oui, la chasse de loisir doit être abolie, car elle génère l’élevage intensif de millions d’animaux qui serviront de cibles vivantes. C’est scandaleux et indécent.
 
Le Parti animaliste propose-t-il des lois concrètes pour interdire certaines pratiques de chasse encore autorisées ? Si oui, lesquelles ?
 
Le parti animaliste propose d’interdire l’élevage de gibier et d’interdire toutes les formes de chasse.
 
Comment réagissez-vous aux arguments des chasseurs qui affirment réguler la biodiversité ?
 
C’est faux puisqu’en libérant des millions d’animaux dans la nature et en y introduisant de nouvelles espèces (ou de nouvelles hybrides !), ils déstabilisent la biodiversité. En plus ils tuent des oiseux d’espèces protégées.
 
Ils ne régulent que les animaux qu’ils ont élevés pour cela.
 
Quels progrès avez-vous observés ces dernières années en matière de droits des animaux en France, et quels sont les principaux obstacles restants ?
 
Il y a une prise de conscience sociétale,
Ces dernières années, il y a eu quelques avancées :
 
1. Reconnaissance légale de la sensibilité animale (2015) :
  • En 2015, le Code civil a été modifié pour reconnaître les animaux comme des « êtres vivants doués de sensibilité » (article 515-14), les distinguant des simples biens meubles.
2. Loi contre la maltraitance animale (30 novembre 2021) :
 
Cette loi a introduit plusieurs mesures phares :
 
  • Interdiction progressive des animaux sauvages dans les cirques itinérants d’ici 2028, ainsi que des spectacles de dauphins et d’orques d’ici 2026.
  • Fin de la vente de chiots et chatons en animalerie à partir du 1er janvier 2024.
  • Renforcement des sanctions pour maltraitance, avec des peines pouvant aller jusqu’à 5 ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende pour les actes de cruauté intentionnelle.
  • Introduction d’un certificat d’engagement et de connaissance obligatoire pour les acquéreurs d’animaux domestiques, visant à réduire les abandons.
  • Interdiction des élevages de visons pour leur fourrure d’ici 2026.
Principaux obstacles restants :
 
Malgré ces avancées, de nombreux obstacles subsistent, limitant l’effectivité des droits des animaux en France :
1. Statut juridique des animaux :
  • Les animaux restent soumis au régime des biens dans le Code civil, ce qui freine leur reconnaissance comme sujets de droit. La proposition d’une personnalité juridique, avancée lors de la Déclaration de Toulon (2019), n’a pas encore abouti.
2. Exceptions culturelles et économiques :
  • Corridas et chasse : Les courses de taureaux sont toujours autorisées dans certaines régions (comme le Sud de la France) sous couvert de « tradition ininterrompue » (loi de 1951). La chasse, y compris des pratiques controversées comme la chasse à courre, reste peu réglementée, bénéficiant d’un fort lobby.
  • Élevage intensif : La loi de 2021 n’a pas abordé les conditions des animaux dans les élevages intensifs (comme les cages de gestation pour truies), malgré les critiques des associations.
  • Foie gras et gavage : Ces pratiques, emblématiques de la gastronomie française, restent légales malgré les controverses sur leur cruauté.
3. Manque de protection pour les animaux sauvages libres :
  • Les animaux sauvages non captifs ne bénéficient d’aucune protection spécifique. Par exemple, infliger des souffrances à un animal sauvage (comme arracher les ailes d’un insecte) n’est pas explicitement interdit, sauf si un juge considère l’animal comme « approprié ».
4. Application et contrôle des lois :
  • Les sanctions pour maltraitance, bien que renforcées, sont souvent peu appliquées en raison d’un manque de moyens pour les contrôles (inspections dans les abattoirs, élevages, etc.).
  • Les délais de mise en œuvre de certaines mesures (comme l’interdiction des cirques avec animaux sauvages en 2028) sont jugés trop longs par les associations.
La France a fait des certains progrès ces dernières années, notamment avec la loi de 2021 et la reconnaissance de la sensibilité animale, portées par une mobilisation croissante des citoyens et des associations. Cependant, les obstacles liés au statut juridique des animaux, aux exceptions culturelles, aux faiblesses d’application, et aux résistances sociétales freinent une protection plus complète. Les défenseurs des droits des animaux appellent à des réformes plus audacieuses, comme l’octroi d’une personnalité juridique ou l’interdiction de pratiques cruelles dans l’élevage intensif et la chasse.


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