08 Jan 2026

Interview de Bruno Millienne, Ancien Conseiller Relations Presse à Matignon et Ancien Député de la 9e circonscription des Yvelines

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Bruno Millienne

1. Comment évaluez-vous les lacunes actuelles dans la protection des animaux en France, et quelles réformes urgentes proposez-vous pour renforcer leurs droits face à l'industrialisation ?
En France, les lois ont surtout renforcé la protection des animaux de compagnie. Les textes existent mais leur application est difficile par manque notamment de contrôles. Il est à noter quand même que de plus en plus d'agriculteurs prennent en compte le bien être animal. Parmi les mesures urgentes : la sortie définitive de l'élevage en cage (déjà effectif pour tout nouvel élevage de volaille). Des contrôles plus stricts et transparents. Un étiquetage clair permettant aux consommateurs de soutenir les systèmes les plus respectueux.

2. La chasse traditionnelle est-elle compatible avec la préservation de la biodiversité, ou faut-il un encadrement plus strict pour limiter son impact environnemental ?
En théorie la chasse est compatible avec la biodiversité. Je pense notamment aux espèces prolifération type sangliers. Dans cette optique la chasse est un bon régulateur. En revanche j'ai plus de mal avec certaines chasses traditionnelles (type chasse à la glue). En bref oui à la chasse strictement encadrée qui régule et non aux autres formes de chasse. Le tout en tenant compte de l'évolution des espèces.


3. Le gouvernement Lecornu priorise-t-il suffisamment les biocarburants durables comme le bioéthanol, ou risque-t-il de freiner la transition écologique par des choix fiscaux court-termistes ?
À mon sens, non. Avec l'électrification de tous nos usages nous faisons la même erreur que celle qui a été faite avec le tout diesel. Si les carburants alternatifs n'ont absolument vocation à remplacer les batteries, ils sont un complément indispensable pour tenir notre volonté de tenir nos objectifs de 2050


4. Face à l'écologie punitive qui génère du scepticisme, comment le gouvernement pourrait-il adopter une approche plus responsable pour concilier environnement, agriculture et économie rurale ?
Effectivement le gros problème de l'écologie en France, c'est qu'elle est plus politique qu'ecologique et donc inefficace. Comme nous sommes en démocratie, l'acceptation de la transition écologique ne peut se faire que par la compréhension du plus grand nombre. Cela passe par la pédagogie de l'évidence. Cela progresse, doucement mais sûrement. Concernant l'agriculture par exemple, vouloir imposer le bio à tout crin est une ineptie. Non seulement tous les agriculteurs ne peuvent se le permettre, mais en plus (et tout le monde évite d'en parler) certains produits phyto utilisé dans le bio ne sont pas spécialement sain pour les humains. La science doit encore progresser dans les solutions offertes aux agriculteurs pour des productions respectueuses de la nature et de l'homme. Quand on aura trouvé par exemple un substitut sûr pour les terres et l'homme au glyphosate, on verra sans nul doute revenir en force l'agriculture de conservation qui, pour moi, reste la plus saine au monde.


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