Quels sont les impacts écologiques actuels du conflit israélo-palestinien sur les écosystèmes locaux ?
Ils sont colossaux, mais volontairement invisibilisés.
La guerre d’extermination en cours n’est pas seulement un crime contre l’humanité, c’est aussi un écocide silencieux.
À Gaza :
• 30 000 tonnes de décombres toxiques contaminent les sols et les nappes phréatiques.
• Les terres agricoles ont été ciblées, salées, incendiées.
• Les nappes phréatiques sont infiltrées de carburant, de sang, de fragments métalliques.
• L’air est irrespirable, saturé de phosphore, d’uranium appauvri, de cendres humaines, certainement de nombreuses maladies … et de plus en plus de stérilité des femmes
En Cisjordanie :
• Les bulldozers rasent des villages entiers, éradiquant oliveraies centenaires et microfaunes.
• Les colonies rejettent leurs eaux usées sur les terres palestiniennes.
• Le béton avance, les animaux reculent.
Ce n’est pas un dommage collatéral. C’est un projet total : effacer une terre, une culture, une vie.
Comment une frontière définie dans le cadre d’une solution à deux États pourrait-elle affecter les corridors écologiques et la biodiversité ?
C’est une question technique sur une fiction politique.
Il n’y a pas de corridor écologique dans un territoire où les drones surveillent, les murs séparent, les checkpoints asphyxient.
La solution à deux États ressemble de plus en plus à un mensonge à deux vitesses :
– un État avec armée, satellites, digues, et contrôle de l’eau,
– un non-État morcelé, muré, en voie de stérilisation biologique.
Dans ce contexte, parler de corridors pour les chacals ou les gazelles alors que les enfants meurent de soif est une insulte écologique.
La justice environnementale est-elle prise en compte dans les discussions politiques autour de la solution à deux États ?
Non.
Et c’est cela le vrai scandale.
La “justice environnementale” est devenue un mot-clé dans les rapports onusiens, mais dans le cas de la Palestine, elle est suspendue, comme tout ce qui pourrait rappeler que l’occupé a des droits.
Pourquoi ?
Parce que reconnaître l’impact écologique du conflit, c’est admettre :
– qu’Israël est un pollueur volontaire,
– qu’il y a discrimination écologique systémique,
– et que l’environnement est une autre arme de guerre.
Aujourd’hui, les écologistes occidentaux dénoncent le plastique, mais ne disent rien sur le phosphore blanc, dont l’utilisation a été prouvé. En outre sur Terre, un bien précieux est aussi la vie humaine …
Quels mécanismes pourraient être mis en place pour surveiller et prévenir les dommages environnementaux dans une future configuration à deux États ?
Poser cette question aujourd’hui revient à proposer une charte de bonne conduite à un incendiaire qui verse de l’essence.
Mais si l’on voulait être sérieux :
• Il faudrait une commission environnementale indépendante, avec des satellites, des capteurs, hors contrôle israélien.
• Il faudrait un droit à l’eau garanti et sanctuarisé, avec répartition équitable.
• Il faudrait un moratoire absolu sur l’extension coloniale.
• Il faudrait juger les écocides passés, pour qu’ils ne se répètent pas.
Mais aucun de ces mécanismes ne peut exister sans vérité et justice préalable.
Et aujourd’hui, on préfère discuter de bornes GPS que de cadavres dans les puits.
Existe-t-il des exemples de coopération environnementale locale déjà en cours entre des communautés israéliennes et palestiniennes ?
Oui, mais ils sont marginaux, fragiles, instrumentalisés.
Quelques ONG israéliennes courageuses, comme Zochrot ou B’Tselem, osent parler d’occupation.
Des projets agricoles existent autour de la préservation de l’olivier ou de l’irrigation partagée.
Mais ils sont constamment surveillés, minés, soupçonnés de “collusion” par les deux camps.
Et surtout, ils servent souvent d’alibi diplomatique :
« Voyez, les peuples peuvent coopérer, pourquoi parler d’occupation ? »
Mais ce n’est pas de la coopération, quand l’un possède l’eau, les semences, les drones, et l’autre doit quémander un permis pour planter une tomate.
Ce qu’il faut, ce n’est pas des ateliers en permaculture entre voisins.
C’est une libération totale de la terre et de l’âme palestinienne.
Conclusion – Une écologie de la vérité
Tant que le sang coule, l’eau est souillée.
Tant que le mensonge règne, l’air est irrespirable. Tant que le mot “génocide” est interdit, l’écologie devient une hypocrisie verte. On ne sauve pas les oiseaux quand on laisse mourir les enfants. On ne plante pas des haies de biodiversité autour d’un camp de concentration.
Ce que l’écologie doit dire aujourd’hui :
Il n’y aura pas d’environnement sain dans un monde où le droit est mutilé. Et pas de solution à deux États sans justice pour ceux qui ont tout perdu. Gaza, c’est la ligne rouge : celle du feu, de la vérité, et du retour à l’essentiel.