02 Jun 2025

Interview de Bertrand Scholler, consultant en stratégie

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Bertrand Scholler

Français

La guerre est le plus grand crime écologique.

1. Monsieur Scholler, la Journée internationale de l’environnement, organisée par les Nations Unies, met en avant des thèmes comme la restauration des écosystèmes ou la lutte contre la pollution plastique. Pensez-vous que ces initiatives sont réellement efficaces pour protéger l’environnement, ou s’agit-il d’une instrumentalisation politique pour d’autres agendas ?
 
L’écologie n’est plus l’amour de la Terre, c’est une nouvelle religion sans Dieu.
 
La Journée internationale de l’environnement, telle qu’orchestrée par les Nations Unies, n’est plus une célébration du vivant — c’est une liturgie inversée. Elle prétend honorer la Terre, mais elle en prépare l’asservissement. À force de grands discours sur le climat, on justifie des politiques de contrôle absolu : restrictions énergétiques, surveillance numérique, rationnement alimentaire — bientôt, vous mangerez des insectes pour la planète, pendant que les maîtres du jeu dînent sous cloche d’argent.
 
C’est Soleil Vert, version woke. Un monde où les forêts brûlent, les enfants sont avortés jusqu’à la naissance, les anciens euthanasiés sans procès, et les pauvres culpabilisés pour des “émissions” qu’ils ne contrôlent même pas. Tout cela au nom du “bien”. La pollution est réelle. Mais la solution proposée est une cage.
 
2. Vous avez mentionné dans vos interventions que les conflits, comme ceux en Ukraine ou à Gaza, ont des impacts environnementaux désastreux, souvent passés sous silence. Selon vous, comment peut-on sensibiliser à la pollution causée par les guerres lors d’événements comme la Journée internationale de l’environnement ?
 
La guerre est le plus grand crime écologique. Et pourtant, elle ne sera pas évoquée.
 
Les guerres modernes sont des crimes écologiques, mais personne n’en parle lors de la Journée de l’environnement. Les nappes phréatiques de Gaza, les sols irradiés d’Ukraine, les enfants nés déformés après les frappes de l’OTAN : silence. On préfère parler des pailles en plastique.
 
Cette hypocrisie est totale. Car la guerre détruit d’abord la nature, puis l’humain, et enfin l’âme. Dans une lecture eschatologique, ces guerres sont les contractions du monde à l’agonie, où la Terre elle-même gémit. Il faudrait que cette journée commence par une minute de silence pour les forêts bombardées, les mers polluées au napalm, et les animaux sacrifiés au nom de la “sécurité”. Tant qu’on ne verra pas l’enfer dans ces conflits, aucune écologie ne sera possible.
 
3. Alors que la France augmente son budget militaire sous prétexte d’une “économie de guerre”, les investissements pour le climat semblent relégués au second plan. Comment jugez-vous cette priorisation, et que proposeriez-vous pour concilier sécurité nationale et protection environnementale ?
 
L’économie de guerre n’est pas une priorité. C’est un piège.
 
L’économie de guerre est une tromperie. Elle ne nous protège pas — elle nous prépare à accepter l’impensable. En France, pendant qu’on triple les budgets militaires, les hôpitaux ferment, les paysans se suicident, et les terres sont vendues à la découpe.
 
Les élites ont choisi : sécurité numérique, armées connectées, et citoyens assignés à résidence dans des “villes de 15 minutes”. C’est le projet : contrôler les déplacements, surveiller les achats, rendre tout marginal suspect. Pendant ce temps, les grands pollueurs rient.
 
Il faut revenir à une logique sacrée : protéger le vivant, le local, la relation directe à la terre. La vraie sécurité, c’est un peuple enraciné, autonome, et libre d’aimer son sol. Pas un QR code dans un bunker urbain.
 
4. Les discours sur l’environnement mettent souvent l’accent sur la responsabilité individuelle, comme le recyclage ou la réduction de la consommation. Ne pensez-vous pas que cela détourne l’attention des grandes entreprises ou des décisions géopolitiques qui ont un impact bien plus important sur l’environnement ?
 
L’écologie de la culpabilisation est une inversion morale.
 
La culpabilisation individuelle est le péché originel de l’écologie moderne. On veut faire croire à un smicard que sa vieille chaudière ou sa voiture d’occasion sont des crimes contre l’humanité — pendant que les jets privés, les data centers, les drones et les usines de munitions tournent à plein régime.
 
C’est une inversion morale. On pousse les pauvres à trier leurs déchets pendant qu’on détruit des pays entiers. Pire encore : on leur vend des “solutions” comme la ville de 15 minutes, la consommation responsable, l’euthanasie libre, ou la pilule abortive — pour qu’ils se taisent, s’éteignent doucement, et laissent le monde aux mains des géants.
 
Cette logique est profondément démoniaque. Elle inverse la responsabilité, dégrade la dignité humaine, et efface la question du salut.
 
5. En tant que consultant en géopolitique, quelles actions concrètes proposeriez-vous pour que la Journée internationale de l’environnement devienne un réel levier de changement, plutôt qu’un événement symbolique récupéré par les pouvoirs en place ?
 
Il faut faire de la Journée de l’environnement un Jugement. Pas un défilé.
 
Pour que la Journée de l’environnement ait un sens, il faut la retourner comme un gant. Y intégrer les pleurs de la Terre, les cris des innocents, les rivières polluées par le feu, les forêts rasées pour faire de la place à des bases militaires ou des mines numériques.
 
Il faut en faire une Journée du Jugement, pas un défilé de bons sentiments. Publier un livre noir de l’écocide, instituer un tribunal populaire de la nature, rappeler que l’homme n’est pas propriétaire du monde mais gardien. Et surtout : faire le lien entre écologie, morale et eschatologie.
 
Car ce que nous vivons, ce n’est pas un simple effondrement environnemental. C’est l’ultime confrontation entre la Bête qui dévore la Création, et ceux qui restent debout, la lampe à la main.
 
Le tout-électrique est un piège. Le luxe moderne est un péché. L’un des plus grands mensonges contemporains, c’est le mythe du “tout électrique”. On nous le vend comme une transition verte, mais c’est un piège technologique et minier. Derrière chaque voiture électrique, chaque batterie, chaque éolienne, il y a des enfants qui creusent à mains nues en Afrique, des nappes phréatiques détruites en Amérique du Sud, des terres sacrifiées à l’autel du progrès.
 
On ne parle jamais du coût invisible : l’extraction du lithium, du cobalt, du nickel ; les chaînes d’approvisionnement opaques ; l’énergie colossale requise pour produire du “propre”. C’est un mirage. L’électrification de masse ne sauvera pas le monde — elle l’enchaînera.
 
Mais il y a pire encore. Plus silencieux. Plus insidieux. C’est l’industrie du luxe et de la mode, devenue symbole de l’anti-durée. Autrefois, le luxe était synonyme d’excellence, de longévité, de savoir-faire. Aujourd’hui, il est devenu un totem narcissique, une course au “m’as-tu-vu”, un spectacle indécent d’accumulation sans usage. Des vêtements achetés pour ne jamais être portés. Des sacs enfermés. Des objets conçus pour créer du désir, mais sans âme.
 
Cela aussi, c’est une guerre contre la Terre : une guerre par le vide, par la vanité, par le gaspillage béni par les algorithmes. Et c’est peut-être la plus sournoise de toutes.
 
Conclusion
Nous ne sommes pas face à une crise climatique.
Nous sommes face à un renversement cosmique.
Une inversion des valeurs.
Un monde où le poison se vend comme remède.
Un monde qui sacrifie les âmes pour sauver les algorithmes.
L’écologie n’est pas une cause.
C’est une conséquence.
La conséquence de notre fidélité ou de notre trahison au don de la Création.


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