12 Jul 2025

Interview d'Aymerick Duro, délégué départementale en Guyane Française

logo

Aymerick Duro

Guyanais

« Protéger la biodiversité guyanaise, c’est protéger un patrimoine qui appartient à toute la Nation, et pas seulement aux Guyanais. »

Comment jugez-vous la gestion par le gouvernement français des ressources en eau potable en Guyane ?
 
Nous considérons que la gestion par l’État des ressources en eau potable en Guyane est largement insuffisante. Alors même que l’eau est une richesse naturelle exceptionnelle de notre territoire, beaucoup de communes connaissent encore des problèmes d’accès à une eau potable de qualité et en quantité suffisante. Cela traduit un désengagement coupable de l’État sur les infrastructures de base, au détriment des Guyanais. Nous demandons des investissements massifs pour moderniser et sécuriser les réseaux, afin que chaque Guyanais ait droit à une eau saine, chez lui, comme partout en France.
 
Que pensez-vous des priorités budgétaires de la France, comme les dépenses pour les prisons face à la crise environnementale ?
 
Il est indispensable que la France protège ses concitoyens et renforce ses moyens pour lutter contre la criminalité — particulièrement en Guyane où l’insécurité est une priorité absolue. Mais il est inacceptable que ces priorités se fassent sans tenir compte des réalités locales. Par exemple, implanter une prison pour délinquants venus de l’Hexagone en Guyane est une aberration qui ne résout rien pour nous. En parallèle, l’État est totalement absent sur les questions environnementales, alors que la Guyane est un joyau de biodiversité et un poumon vert pour la France. La priorité devrait être à un développement équilibré : protéger la population tout en mettant des moyens sur la transition écologique et la préservation de notre environnement unique.
 
Le gouvernement fait-il assez pour protéger la biodiversité guyanaise contre l’exploitation illégale ?
 
Non, très clairement. L’orpaillage illégal continue de ravager nos forêts et nos cours d’eau, la pollution au mercure est dramatique, et les trafics s’enracinent durablement. Malgré les opérations ponctuelles, les moyens sont largement insuffisants et mal adaptés. Nous plaidons pour un véritable plan Marshall contre l’orpaillage clandestin, avec plus de forces sur le terrain, des équipements modernes, et une coopération renforcée avec les pays voisins. Protéger la biodiversité guyanaise, c’est protéger un patrimoine qui appartient à toute la Nation, et pas seulement aux Guyanais.
 
Quelles actions concrètes attendez-vous de la France pour lutter contre la pollution en Guyane ?
 
Nous attendons de l’État qu’il prenne enfin ses responsabilités. Cela passe par :
 
•la lutte effective contre l’orpaillage illégal et ses pollutions massives au mercure,
•le soutien aux collectivités pour le traitement des déchets et la mise en place de filières locales,
•des investissements dans l’assainissement et les stations d’épuration pour éviter les rejets sauvages,
•et la promotion d’une économie plus circulaire et moins dépendante des importations polluantes.
Ce sont des attentes de bon sens, au service de la santé des habitants et de la préservation de notre territoire.


newsletter

The best of Tired Earth delivered to your inbox

Sign up for more inspiring photos, stories, and special offers from Tired Earth

By signing up for this email, you are agreeing to news, offers, and information from Tired Earth. Click here to visit our Privacy Policy.