12 Nov 2025

Interview d'Arsène Lubamba, activiste climatique et entrepreneur

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Arsène Lubamba

congolais

En RDC, quelles sont les 3 plus grandes menaces climatiques actuelles selon vous ?
 
Pour moi, les trois menaces climatiques les plus graves en RDC aujourd’hui sont :
 
-L'augmentation des cas de zoonoses : en détruisant l'habitat naturel des nombreux espèces d'animaux, nous nous mettons en contact direct avec certains espèces, ce qui favorise l'apparition des maladies transmises de l'animal à l'homme tel que la variole du signe ou la maladie à virus Ebola ,
 
- les inondations et l’érosion dans nos villes, qui détruisent des vies: dans la ville de Kinshasa, la mauvaise gestion de déchets bouchent les caniveaux par des très nombreuses déchets plastiques. Au sud kivu, dans la ville de bukavu la même déforestation sur les bassins versants du lac kivu favorise des cas d'eboulement et des nombreuses pertes en vie humaine sont déploré chaque année, etc. 
 
- la sécheresse qui menace notre agriculture et donc notre sécurité alimentaire: dans beaucoup des régions minière   lorsque les normes environnementales sont bafoués, la réforestation oublié, l'exploitation des minerais laisse un goût amer, 
comme c'est le cas dans certaines parties des provinces minières du Katanga ou du haut-uele, des parties entières deviennent infertile et la sécheresse s'installe. Avec de pic des chaleur jamais vu au paravent qui rende parfois l'aire irrespirable. Une grande ménage à long-terme sur le besoin des subsistance de la population.
 
Ce sont des phénomènes climatiques concrets, que nous vivons déjà.
 
Il y'a des cause qui accentuent ces phénomènes :
 
a) La déforestation massive non contrôlée 
 
La RDC est considéré comme le 2ieme poumon de la planète après l'Amazonie pour ses forêts  mais nous perdons plus de 500 000 hectares de forêt chaque année. Cela est dû principalement à l’exploitation du bois énergie, parce que plus de 90% de la population utilise des charbons de bois pour la cuisine souvent par manque d'alternative à ce dernier ou  encore à cause de la cherté ou de la rareté d'autres source d'énergie propre de cuisson comme l'électricité ou le GPL. À part cela les entreprises minières qui avancent sans véritable cadre. Cela détruit notre capacité naturelle à absorber le CO₂.
 
b) La pollution et la mauvaise gestion des déchets. 
 
Dans nos villes très peuplé comme Kinshasa, Lubumbashi, la capacité d'évacuation ou de traitement des déchets est tellement insuffisante que plus 70% des déchets produit quotidiennement n'est pas traité ou évacuer selon les normes. Ces déchets se retrouve jeté dans les rivières et le fleuve et des tonnes des déchets plastiques. La ville de Kinshasa à elle seule produit plus de 10000 tonnes de déchets chaque jours selon les chiffres du ministère de l'environnement et des services d'hygiène. La mauvaise gestion de ce déchet fait à ce qu'ils contamine l'eau des cœurs d'eau, crée des odeurs et renforce le réchauffement à travers la fermentation des déchets organiques.
 
Dans d'autres zones comme le grand Katanga ou les activités minières sont prédominant on observe des cas de pollution des rivières très souvent causé par les déversements des agent toxiques utilisé dans le processus d'exploitation de certains minéraux dans les cours d'eau. Des catastrophes écologiques qui sont évitable par une meilleur régulation de ce secteur mais qui malheureusement cause des nombreux dommages à la population qui dépend des ces cours d'eau sans parler d'un ecocide permanent qui ne dit pas son nom et qui reste le plus souvent impuni. 
 
c) L’exploitation irresponsable des ressources naturelles. 
 
Les Mines, le charbonnage… Quand ces secteurs opèrent sans contrôle, sans reboisement, sans plan social, ils créent de la pauvreté écologique et des conflits humains. 
 
L'exploitation minière laisse dans son sillage des paysages dévastés, des sols stériles et des communautés appauvries, Il faut donc des réformes et des régulation strict sur le plan écologique de ces secteurs. 
 
Le Parc National des Virunga protège les gorilles : comment lutter plus efficacement contre le braconnage ?
 
Je pense que la solution n’est pas seulement dans la répression, mais surtout dans l’inclusion des communautés locales. Si les populations qui vivent autour des Virunga ne trouvent aucun avantage économique à la protection du parc, elles seront toujours tentées de braconner ou d’aider ceux qui braconnent.
 
Trois pistes :
 
Créer des emplois verts locaux (écotourisme, agroforesterie).
 
Éduquer et sensibiliser, dès les écoles, sur la valeur mondiale des gorilles ou de ce patrimoine. Il faut que chaque enfant congolais comprenne que le gorille des Virunga n'est pas seulement un animal, mais un trésor mondial dont la protection honore notre nation. 
 
On devrait aussi former les habitant autour du parc national de Virunga sur les technique de fumage de la viande normal et le former dans l'élevage durable. 
 
Renforcer la surveillance, mais avec des moyens modernes : les drones, la cartographie, le développement des systèmes d’alerte communautaires.
 
Êtes-vous favorable à une interdiction totale de la chasse, même traditionnelle, pour sauver la biodiversité ? Pourquoi ?
 
Pas à une interdiction totale. Je suis pour une régulation stricte, pas pour une interdiction absolue.
La chasse traditionnelle fait partie de la culture et de la survie de certaines communautés. Mais elle doit respecter : des zones définies, des périodes précises, et être orientée vers des espèces non menacées.
 
Le véritable fléau aujourd'hui, ce n'est pas le chasseur traditionnel qui nourrit sa famille. C'est la chasse commerciale, massive, organisée en réseaux, qui utilise des armes de guerre pour approvisionner les marchés urbains en viande de brousse. C'est cette chasse-là, déconnectée de toute éthique et réglementation , qui vide nos forêts et contre laquelle nous devons nous mobiliser sans relâche.
 
Quel message aimeriez-vous adresser aux Congolais pour protéger nos forêts et notre climat au quotidien ?
 
Je dirais simplement : la forêt, c’est notre identité et notre avenir. Un moyen de subsistance pour des millions des familles à travers la RDC. Nous ne sommes pas obligés d’attendre l'État ou les ONG. Chacun peut agir là où il est:
 
-Plantons des arbres,
-Réduisons l’usage du charbon en adoptant des solutions solaires, des briquettes écologiques, etc.
 
Ramassons nos déchets et trions ce que nous pouvons recycler. Puis renforçons nos capacités des récolte, recyclage et de révalorisation des déchets. 
 
Soutenons les jeunes initiatives locales avec des solutions basé sur la nature. Elles sont en train de changer le pays et des passer des messages de sensibilisation.
 
La protection de l’environnement et la lutte contre le changement climatique, ce n’est pas une théorie. Ça impacte directement notre quotidien et nous devons en être conscient et agir au quotidien d’une manière responsable. 
 
En tant qu'Eco-entrepreneur et activiste du climat, qu'elle sont les solutions proposées ou les démarches que vous avez mené pour essayer de régler ces problèmes environnementaux ou lutter contre le changement climatique ?
 
En tant qu’éco-entrepreneur, mon engagement se traduit à travers deux initiatives principales : UDI Group et CONGO INITIATIVE SARL (COIN SARL).
 
Avec l'entreprise UDI Group dont je suis co-fondateur, nous proposons des solutions solaires pour réduire la dépendance au charbon ou au groupe électrogène chez les agriculteurs dans certains domaine, et nous faisons de la menuiserie écologique en transformant le bois rejeté ou pourri en meubles durables.
 
Avec l'entreprise COIN SARL (CONGO INITIATIVE) dont je suis également co-fondateur, nous produisons des briquettes écologiques à partir de déchets biodégradables et agricoles, pour offrir une alternative propre et locale au charbon de bois.
 
Et au-delà des entreprises, je mène des actions de sensibilisation dans les quartiers et les écoles, j'anime des ateliers et organisation des mini formations dans différents événements pour partager mon expérience et ma vision des choses, parce que la transition écologique doit devenir un mouvement populaire et accessible à tous si on veut un impact réel.
 


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