15 Mar 2026

Entretien avec Malec PAOLI-DEVICTOR : L'Humain, cette espèce en danger que l'écologie a oubliée

logo

Malec Paoli-Devictor

française

Un appel écolo et engagé à dépasser la seule protection de la faune et de la flore pour un combat frontal en faveur de la dignité humaine et du sacré, contre l’expansionnisme prédateur et l’inertie française.

Nous avons le plaisir de recevoir aujourd'hui Malec PAOLI-DEVICTOR, analyste environnemental et auteur engagé. À travers une série d'articles percutants, il explore les zones d'ombre de notre modernité : des PFAS comme des "bombes chimiques" en France aux tragédies humaines et écologiques en zone de guerre, de Paris à Gaza ou même à Téhéran. Son travail se distingue par une approche holistique, reliant le respect des animaux, les convictions religieuses et la critique d'un expansionnisme prédateur. Bonjour Malec.

Bonjour. Je suis très ravi d’être avec vous.

On vous connaît pour vos écrits sur la maltraitance animale et les PFAS. Pourquoi insistez-vous aujourd'hui sur l'idée que l'homme est l'être vivant le plus négligé par l'écologisme ?

L'écologie politique s'est enfermée dans une gestion comptable du carbone ou une protection — certes nécessaire — de la biodiversité sauvage, en oubliant que l'être humain est lui aussi un écosystème. Quand on bombarde des infrastructures hydrauliques à Gaza ou Qeshm, ou que l'eau potable en France devient empoisonnée avec des PFAS, on s'attaque à la même dignité du vivant. On ne peut pas pleurer sur un récif corallien et rester muet face à la "famine comme arme de guerre". C'est cette schizophrénie que je dénonce.

Vous parlez de "vices" qui nous mènent au désastre. Quels sont-ils ?

L'orgueil de la raison et la cupidité. On a remplacé le "sacré" par le "béton". Nos sociétés voient la Terre — et les autres peuples — comme un stock de ressources à piller et non comme une maison commune. C'est l'hubris technocratique : on pense pouvoir tout réparer avec des machines alors qu'on a brisé le lien spirituel et éthique avec notre environnement.

Vous êtes très critique envers l'actualité internationale, notamment la stratégie américaine actuelle. Quel est le lien avec l'écologie ?

Le retour d'un impérialisme décomplexé (Trump et ses velléités sur le Groenland, le Canada ou l'Iran) est la négation même de l'écologie. C'est une écologie de la prédation. On veut s'emparer de territoires non pas pour les protéger, mais pour en extraire jusqu'à la dernière goutte de pétrole ou de minerai. C'est un retour au XIXe siècle avec des armes du XXIe.

Pendant ce temps, la France, qui se targuait d'être la "conscience verte" du monde avec les COP, est aujourd'hui décrédibilisée. Entre l'inaction sur les polluants éternels et son impuissance diplomatique face aux écocides en cours au Moyen-Orient, le port-étendard est en train de prendre l'eau. On ne peut pas donner des leçons de morale climatique le lundi et fermer les yeux sur la destruction systématique de l'environnement par nos alliés le mardi.

Malec, pour conclure cet entretien, si vous aviez un conseil de dernière minute à donner ou un point crucial que nous n'avons pas encore abordé et que vous souhaiteriez souligner, quel serait-il ?

Je voudrais souligner l'importance de la "Sumud" (la résilience). Comme je l'ai écrit à propos de la flottille de la solidarité écologique, l'écologie de demain sera une écologie de résistance. Mon conseil est simple : ne laissez pas les experts vous dire que l'écologie est une question de chiffres et de taux de CO2. C'est une question de dignité. Tant qu'un peuple sera privé de son eau ou qu'un animal sera sacrifié pour le loisir, nous serons dans l'échec écologique. Le combat pour la nature est indissociable du combat pour la justice et le sacré.


newsletter

The best of Tired Earth delivered to your inbox

Sign up for more inspiring photos, stories, and special offers from Tired Earth

By signing up for this email, you are agreeing to news, offers, and information from Tired Earth. Click here to visit our Privacy Policy.