08 Apr 2026
Malec Paoli-Devictor
Analyste environnemental et journaliste
Quarante jours. Dans la trame spirituelle de l’humanité, ce nombre n'est jamais un hasard. Des quarante jours de jeûne du Christ dans le désert aux quarante jours de Moïse sur le mont Sinaï, jusqu'aux récits de Noé et de son Déluge où la pluie tomba pendant quarante jours et quarante nuits, le chiffre 40 symbolise un cycle de purification, de jugement et de transition. Historiquement, il est aussi la racine de la « quarantaine », ce temps d’isolement nécessaire pour séparer la vie de la contagion. Aujourd'hui, l'Iran achève son Arba'in — cette période de deuil profond qui, dans la tradition chiite, marque le 40ème jour après le martyre. Mais ce deuil ne concerne pas seulement des hommes ; il concerne une terre, une science et une culture, systématiquement démembrées par une offensive sans précédent menée par les États-Unis et Israël.
Un crime contre la science et l'avenir
L’agression n’a pas épargné les sanctuaires du savoir. En ciblant l'Université de Sharif, souvent surnommée le « MIT de l'Iran », les frappes ont délibérément visé le progrès scientifique et l'apprentissage de l'intelligence artificielle. Tuer des chercheurs et bombarder des campus, c'est tenter d'effacer le capital intellectuel d'une nation entière. Ce massacre de l'innocence s'étend des universités aux écoles primaires, constituant ce que l'on peut appeler un « écocide des âmes ».
L'écocide comme arme de guerre
En tant qu'analyste environnemental, le constat est terrifiant. Nous assistons à une destruction méthodique des infrastructures vitales. Le bombardement des usines de dessalement à Qeshm utilise la soif comme arme de guerre, un acte qui marque le crépuscule du droit international. Les frappes sur les raffineries de pétrole à Téhéran ne sont pas seulement des pertes économiques ; elles sont un « double crime » contre l'homme et la nature, libérant des toxines qui empoisonneront l'air et le sol pour des générations. L'ombre d'une catastrophe nucléaire plane également après l'attaque contre la centrale de Bushehr, une escalade dangereuse qui menace la sécurité écologique de toute la région.
L'effacement d'une civilisation
Au-delà de l'écologie physique, c'est l'écologie culturelle qui est visée. Le patrimoine mondial est en péril. Des mosquées à Zanjan jusqu'à la destruction d'une synagogue historique à Téhéran, l'agresseur ne fait aucune distinction, prouvant que l'objectif est l'effacement d'une coexistence millénaire. Les infrastructures civiles — chemins de fer, ambulances et centres de santé — sont ciblées pour briser la résilience du peuple iranien. Cette déshumanisation est portée par une rhétorique politique violente, qualifiant un peuple de bâtisseurs de civilisation animale.
40e jour du deuil du Leader écologiste
En ce 40ème jour, le cœur du pays, Iran, saigne particulièrement pour son Leader. Au-delà de sa stature politique et spirituelle, il portait une vision écologique rare, ancrée dans la foi. Il rappelait avec force que :
« La dégradation de l'environnement est une trahison de la confiance de Dieu et une trahison des générations futures. Un vrai musulman ne trahit jamais ce que Dieu lui a confié. »
(X : @Khamenei_ir)
Pour lui, protéger la nature n'était pas une option politique, mais un mandat divin.
Quarante jours après le déclenchement de cette guerre dévastatrice, l'Iran se tient debout, mais blessé. Il pleure ses fils, ses filles, ses défenseurs au front, mais aussi ses arbres brûlés et ses eaux souillées. La culture islamo-iranienne, forte de sa résilience historique, transforme ce deuil en une force de renouveau. Car si les infrastructures peuvent être reconstruites, la trahison morale de ceux qui détruisent la vie et la terre restera, elle, gravée dans l'histoire comme le crime ultime contre la Création.
Comment
Reply