24 Apr 2026
Sarah Rahman
Activiste
Les droits humains ne doivent pas être appliqués de manière sélective. En continuant de se taire face aux crimes israéliens et américains, la France devient complice de l'agression en Iran et des tensions croissantes au Moyen-Orient.
La guerre menée par les États-Unis et Israël contre l'Iran est une agression illégale et une menace sérieuse à la stabilité régionale. Depuis plusieurs années, ces puissances ont intensifié leurs actions militaires et diplomatiques, exerçant une pression inacceptable sur l'Iran. Cette guerre, en dehors de tout mandat international, porte atteinte aux principes de souveraineté et de non-ingérence dans les affaires intérieures des États. Plus encore, elle risque de déclencher des conflits encore plus dévastateurs, notamment avec le Liban et la Palestine occupée, et de fragiliser l'ensemble du Moyen-Orient.
Ce qui est d'autant plus préoccupant, c'est le silence gênant des nations européennes, et notamment de la France, face à cette situation. En tant que membre de l'Union européenne et acteur clé sur la scène internationale, la France doit prendre ses responsabilités pour éviter une nouvelle escalade de la violence. Le silence de l’Europe, qui se contente souvent de déclarations vagues, témoigne d'une absence de volonté politique de mettre en place des mesures concrètes contre Israël. Une telle inaction ne fait qu'encourager les politiques expansionnistes israéliennes.
Le contexte des sanctions de la France contre la Russie
Depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie en février 2022, la France, en accord avec ses alliés européens et internationaux, a pris des mesures de sanctions sévères à l'encontre de la Russie. Ces sanctions ont couvert plusieurs domaines : économique, diplomatique, militaire et en matière de droits humains. Dans un premier temps, des mesures économiques ont été imposées, incluant le gel des avoirs de dirigeants russes et la suspension de certaines institutions russes du système bancaire SWIFT. La France a également soutenu la réduction progressive des importations de pétrole et de gaz russes, une décision fondamentale pour réduire la dépendance énergétique européenne.
Outre les sanctions économiques, des actions diplomatiques ont été menées, notamment l'expulsion de diplomates russes et la réduction des relations bilatérales avec la Russie. Les sanctions ciblant les violations des droits humains, notamment la répression en Russie, ont été particulièrement significatives, car elles ont impliqué l’interdiction d’entrée de certains responsables russes et le gel de leurs avoirs en France.
Les sanctions militaires ont également joué un rôle crucial, la France soutenant l’Ukraine dans sa défense contre l’agression russe, en fournissant des armements et des formations. De plus, des mesures ont été prises pour restreindre les exportations de technologies de pointe et d'armements vers la Russie, dans le but de limiter sa capacité à prolonger son conflit.
Voici un aperçu des principales mesures de sanctions prises par la France :
1. Sanctions économiques et financières
Sanctions contre les secteurs stratégiques :
2. Sanctions diplomatiques
3. Sanctions liées aux droits de l'homme
4. Sanctions contre les secteurs stratégiques
5. Sanctions contre les médias et la liberté d'expression
6. Sanctions culturelles et sportives
7. Mesures supplémentaires liées à l'aide militaire à l'Ukraine
8. Sanctions sectorielles supplémentaires
Ces sanctions ont été renforcées à plusieurs reprises au fur et à mesure de l'escalade du conflit et en réponse aux actions militaires et politiques de la Russie. Elles visent à affaiblir l'économie russe, à isoler le pays diplomatiquement et à encourager la Russie à mettre fin à son agressivité militaire en Ukraine.

Israël Katz, ministre israélien de la Défense, s'exprime en toute impunité sur des crimes de guerre et menace l'Iran : « Israël se prépare à reprendre la guerre contre l'Iran […] et à replonger ce pays à l'âge de pierre ».
Une double norme sur les droits humains : la France face à Israël
Les sanctions imposées à la Russie soulèvent la question de l’applicabilité des principes de droit international et des droits humains de manière cohérente. Si la France a agi fermement contre la Russie en réponse à son invasion de l'Ukraine, pourquoi ce même principe de justice ne s'applique-t-il pas de la même manière envers Israël dans son traitement de la Palestine occupée et ses actions militaires contre le Liban et l’Iran ? Il est impératif que la France cesse de traiter différemment les violations des droits humains en fonction des intérêts géopolitiques.
La France, en tant que défenseur des droits humains, ne peut pas continuer à fermer les yeux sur les crimes commis par Israël, qu’il s’agisse de l’expansion de colonies illégales en Palestine occupée, des bombardements incessants du Liban ou de la répression contre le peuple palestinien. Les droits humains ne peuvent être appliqués de manière sélective en fonction de l’importance stratégique d'un État. Si la France a pris des mesures contre la Russie, elle doit faire de même face à Israël, en imposant des sanctions économiques, diplomatiques et militaires.
La nécessité de mesures concrètes contre Israël
Il est donc grand temps que la France adopte une politique plus ferme envers Israël, comme elle l’a fait avec la Russie. Ce n’est qu’à travers des actions concrètes qu’il sera possible d’éviter une nouvelle escalade des tensions dans la région, notamment avec le Liban et la Palestine occupée. La France doit condamner fermement les violations des droits humains, imposer des sanctions spécifiques à l'égard des responsables israéliens et ne pas se contenter de discours creux. Elle doit également soutenir des initiatives visant à faire pression sur Israël pour qu’il respecte le droit international et mette fin à ses agressions militaires.
Les droits humains ne doivent pas être appliqués de manière sélective. En continuant de se taire face aux crimes israéliens et américains, la France devient complice de l'agression en Iran et des tensions croissantes au Moyen-Orient. Il est temps que la France prenne ses responsabilités, qu’elle mette en place des mesures concrètes contre Israël, et qu’elle cesse de se rendre complice des crimes commis au nom de la sécurité et de l’impunité. Il n’y a pas de place pour une politique de double standard dans le traitement des violations des droits humains à l’échelle mondiale.
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